Projets / Le transport

Corridors et parcs de véhicules électriques

Alors que notre société contemporaine a tendance à davantage remettre en question l’utilisation des combustibles fossiles à des fins de transport, les véhicules électriques ont lentement mais sûrement commencé à introduire un nouveau paradigme de mobilité en ce début de 21e siècle. En effet, le modèle classique du consommateur qui achète une automobile d’un concessionnaire et qui ensuite se procure de l’essence coûteuse d’un autre fournisseur commercial pourrait bientôt devenir chose du passé.

L’innovation que représente le développement du véhicule électrique – privé ainsi que commercial – aura des répercussions bien au-delà de l’entreprise privée puisque l’infrastructure requise afin de permettre aux véhicules électriques de se rendre du point A au point B et ailleurs impliquera sans doute plusieurs joueurs clés.

Bien entendu, l’entreprise privée ainsi que l’entreprenariat continueront à jouer un rôle important sur le plan de l’innovation et de l’avancement de la technologie dans ce domaine. Et puisque les véhicules électriques seront souvent branchés aux réseaux électriques des villes et des provinces, les gouvernements auront eux aussi un rôle de premier plan quant à la création de l’infrastructure (stations et bornes de recharge) requise pour permettre aux propriétaires de véhicules électriques de circuler librement.

Par exemple, à l’automne de 2015, la Province du Québec et la Ville de Montréal ont annoncé conjointement que leur objectif était de mettre en place un réseau de 1 000 bornes de recharge dans la ville et à travers la province d’ici à l’an 2020.

En 2013, le gouvernement de la Colombie-Britannique a investi 1,3 million de dollars dans une infrastructure de chargement rapide en courant continu (DC) au sein de 13 communautés à travers la province le long de l’Autoroute 99 et du corridor de l’Autoroute 5 (I-5) aux États-Unis, ce qui veut dire que les voyageurs pourront éventuellement conduire leurs véhicules électriques de San Diego en Californie jusqu’à Whistler en Colombie-Britannique sachant qu’ils peuvent recharger leurs véhicules électriques sur tout ce trajet.

UntitledSelon la même tendance, des réseaux/corridors interprovinciaux où l’on retrouve plusieurs stations de recharge ont déjà fait leur apparition ailleurs au Canada : depuis 2012, la compagnie Sun Country Highway de la Saskatchewan a installé plus d’un millier de bornes de recharge de niveau 2 (plus lentes que DC) à travers le pays (destinées à desservir les propriétaires de véhicules électriques à autonomie limitée, tels que la Nissan Leaf et la KIA Soul EV).

En 2011, la Province du Manitoba a publié son guide concernant cette révolution imminente, le document intitulé ‘Manitoba’s Electric Vehicle Road Map – Driving Towards Fossil Fuel Freedom.’ Dans cette publication, la province a indiqué qu’elle avait l’intention de faciliter les partenariats entre les constructeurs d’automobiles, les fournisseurs de technologie électrique, Hydro Manitoba, les entreprises manitobaines, les établissements d’enseignement ainsi que d’autres intervenants afin de sensibiliser le public à l’endroit des véhicules électriques.

L’entreprise de classe mondiale New Flyers Industries à Winnipeg s’est déjà établie en tant que chef de file dans le domaine du transport en commun avec son autobus hybride ‘Xcelsior,’ et ce ne sera pas long avant que plusieurs villes portent leur attention vers ces véhicules dans le cadre de leur recherche de moyens de transport qui sont davantage efficaces et moins polluants lorsqu’ils s’apprêtent à renouveler leurs parcs de véhicules de transport en commun.

Une nouvelle solution à la problématique des émissions des GES

Au Canada, environ 25 % des émissions des gaz à effet de serre (GES) sont le résultat de la circulation des véhicules motorisés, et au Manitoba le pourcentage se chiffre à 30 % et plus.

Les nouvelles politiques gouvernementales au Canada ainsi qu’aux États-Unis exigent que les constructeurs automobiles se tournent vers la fabrication de véhicules qui sont deux fois plus efficaces en ce qui concerne leur consommation de carburant d’ici à l’an 2025. Le résultat de ces changements dans les politiques concernant le domaine du transport est que le public commence à porter son attention vers des choix alternatifs quant aux options existantes en matière de transport personnel, y compris les véhicules hybrides, hybrides à recharge ainsi que ceux qui sont complètement électriques. En effet, un plus grand nombre de modèles deviennent disponibles sur le marché à mesure que les constructeurs automobiles prévoient de se conformer à la nouvelle réglementation concernant les émissions des véhicules motorisés.

Selon CrossChasm Technologies au Manitoba, entreprise qui a déjà collaboré avec Hydro Manitoba ainsi que la Société d’assurance publique du Manitoba dans des projets relatifs aux technologies des véhicules électriques, « Les véhicules rechargeables ont le potentiel de réduire les émissions de 66 à 99% en comparaison avec des véhicules semblables qui sont alimentés au pétrole et à eux seuls offrent un énorme potentiel sur le plan de l’efficacité pour le secteur du transport. »

Puisque la taille des parcs de véhicules électriques aurait moins d’importance que les véhicules conventionnels quant à la consommation de carburant et le coût de celui-ci, les véhicules électriques pourraient donc offrir des alternatives et des opportunités plutôt intéressantes en matière de transport aux municipalités rurales qui désirent renouveler leurs parc de véhicules en optant pour des modes de transport plus durables.

Éco-Ouest est également très intéressé en ce qui concerne les possibilités que cela pourrait représenter quant au potentiel de réductions supplémentaires des taux des émissions des GES, ainsi que dans le contexte de l’élaboration des plans d’action locaux par des municipalités en tant que membres du programme ‘Partenaires dans la protection du climat’ (PPC) de la Fédération canadienne des municipalités.